Vendredi 21 juillet 2006

Enfin, la semaine est finie....et je la termine avec le sourire, le coeur en vrac, mais l'ame légère...je ne sais pas pourquoi et je ne cherche pas à le savoir non plus...

Je discute avec certains de mes collègues et je me rends compte que si nos parcours sont différents, nos écueils sont plus ou moins les memes... Je me souviens que JM m'avait dit:"on n'attérit pas dans le social par hasard"...je trouvais cette affirmation absurde, au final je révise mon jugement!

Nous sommes au quotidien Encadrant de cette population en souffrance, et en nous impliquant dans leur vie, nous apprenons à gérer la notre...en prenant soin d'eux, en étant à leur écoute, en établissement ce contact dont certains ont cruellement besoin, nous cadrons notre propre vie, nous nous écoutons enfin, nous nous reconnaissons dans certaines de leurs angoisses, et en leur apprenant à les surmonter, nous pouvons entrevoir une possible issue pour les notres...

En les regardant vivre et se débattre, je relative mes propres problèmes...

Les deux derniers jours ont été empreints de chaleur et de douceur...cette complicité qui peut à peut prend forme, son sourire qui se fait plus franc, mon sourire qui se fait moins faux et l'envie de vivre toujours et encore...les projets qui s'accumule et toujours cette image qui reste, cette chanson en boucle dans ma tête, l'espoir qui m'anime et mon coeur...mon coeur en vrac qui pourtant continue de battre et de s'animer pour eux...

Eux que parfois j'ai envie d'étrangler ou de balancer contre le mur, eux qui parfois me donnent envie de sauter par la fenetre ou de pendre teddy à la porte de mon bureau pour leur faire comprendre qu'ils me gonflent graaaaave...et pourtant eux, qui parfois, avec un seul sourire, ou une seule parole, me donne envie de continuer encore et encore et encore...

Merci à eux, et merci à lui, son sourire me porte et leurs encouragements me transporte...

Par Fleur-Jo - Publié dans : www.fleur-jo
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Mardi 18 juillet 2006

Journée sans gout, pareilles aux autres...le téléphone ne sonne pas, rien à taper, rien à faire, impossible de remettre à plus tard la tache qui m'attends.... une centaine de clés pour une quarantaine de portes! Au bout, meme pas un kinder surprise pour me récompenser de l'effort...

La morosité gagne tout le monde...

Pause déjeuner, T. et B. toujours ensembles, je reste avec eux, on discute vacances, voyages et inactivité...B. me dit de prendre des jours, de ne pas rester comme ça...peut être, mais alors je ne le verrai plus...

Toujours accroc, impossible de se résoudre à l'inacceptable, au rejet et aucune fausse excuses derrière laquelle se dissimuler....c'est moi qu'il a rejeté, c'est de moi dont il ne veut pas! je ne peux pas me dire qu'il ne me connait pas assez, qu'il s'est arrêté à mon apparence...non, il me connait...

Dans les couloirs, je surprend quelques mots entre deux travailleurs: "c'est vraiment une belle fille"...oui peut être, mais après? Il ne veut pas de moi et c'est ce qui me hante...

Je me déteste d'être tombée amoureuse...je hais l'amour...

L'après-midi, la chaleur monte, Paris étouffe et moi je manque d'air...

Envie d'ailleurs, envie de souffler, envie de parler mais de quoi? il n'y a que lui qui me hante...

Fin de la journée, je monte dans le bus, il est derrière moi, son sourire m'ennivre, il descend et ma gorge me fait mal...envie de le suivre et aussi...envie par moment de la connaitre, de savoir ce que je ne suis pas...

Retour chez moi, cette page blanche pour exutoire, envie de l'appeler et ce texto que je relis encore et toujours avec à chaque fois le meme poids sur la poitrine, mon coeur qui se gonfle... et toujours cette sensation au fond de moi...

L'idée que ce n'est qu'une question de temps...l'espoir absurde que...

 

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Lundi 17 juillet 2006

Je hais les lundis...ils se ressemblent tous! je dors tout le week-end pour que ça passe plus vite et le dimanche, yeux grands ouverts, je contemple le ciel et je m'évade... paray, une nouvelle vie, lui, moi... les heures passent et le sommeil m'oublie...

Lundi matin le réveil sonne, pas envie...c'est pareil toutes les semaines! le lundi je rase les murs, je parle à personne, je m'enferme et j'attends...

Le téléphone, ce contrat absurde, les arrêts maladies, les questions stupides, mais ils savent...le lundi c'est pas la peine de me demander d'être disponible et aimable, le lundi je suis pas payée pour être aimable, le lundi, j'attends...

La pause déjeuner, il est là, il me sourit, d'un beau sourire, il est heureux de me voir, ça se voit...je lui souri aussi, mais c'est lundi, le coeur n'y est pas...il parle avec T., je les écoute, je regarde les branches et je m'évade...paray, une nouvelle vie, lui, moi...l'heure passe et le sommeil m'envahi... je vais sur la terrasse, pas lui...je suis seule, je suis triste, je bois mon café, je me perds dans les volutes, je m'endors doucement, c'est lundi, j'attends...

L'après-midi, je vais voir T., je ri avec lui, mais c'est B. que je veux voir, ses yeux, son sourire, son calme....les heures passent doucement, il fait chaud...courant d'air, les mots que je tape sur le clavier mais sans plus y croire...Monsieur P. serait en phase d'ouverture c'est vrai? Mais C. lui a fait faux bond, il n'a pas saisi sa chance, il ne voulait que l'argent...comme dit l'anonyme "l'age d'or était l'age ou l'or ne dominait pas"... Je cherche des excuses pour le voir, mais je tombe mal...mauvais timing...c'est lundi!! j'attends....

La journée se termine, enfin, je descends pour le voir, lui sourire, lui dire que oui c'est lundi et je suis à l'ouest, comme tous les lundi, j'aime pas le lundi...mais A. m'interpelle, me parle de la martinique, je parle avec elle, elle aime ça, elle est malheureuse, souffrante et elle aime me parler, alors je l'écoute et je parle avec elle...il me frole, je suis restée dans l'entrée, me regarde, me souri, s'éloigne, se retourne et me regarde à nouveau...il sourit, me détaille, se retourne, mon coeur crève...j'aimerai le suivre, mais A. me parle toujours...saint pierre, fort de france, le morne-vert...il fait chaud et je m'égare, je revois les collines, la plage, la mer...je sens les épices et le soleil sur ma peau...et je reviens...trop tard, F. a donné le signal du départ, ils sont tous partis...lui aussi...je m'avance vers le bus...il se retourne, j'aimerai qu'il me voit dans la foule, il me cherche, mais il ne me voit pas, baisse la tête et s'en va.... je me dirige vers le bus...c'est lundi et j'attends...

J'attends Mardi....

Par Fleur-Jo - Publié dans : www.fleur-jo
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Mercredi 12 juillet 2006

La journée s'annonçait bien...une visite chez mon kiné pour refaire ma prothèse:

Lui:"dis donc, depuis février 2004 tu as perdu 20 kilos tu t'en rends compte?"

Moi:"ben oui, c'est moi qui les ai perdu!

Lui:"mais ça t'a pris comme ça le déclic?"

Moi:"oui oui il était temps...merci sebastien!! une bonne dépression c'est bon pour le régime!"

Retour au travail, le sourire aux lèvres, chouchou est de bonne humeur en ce moment! Passé la première semaine un peu space nos relations sont redevenues normal! mon rayon de soleil brille à nouveau...

Je pose mon sac, geste quotidien, le téléphone sonne, je décroche

Moi:"Institut Seguin bonjour"

M. Dubois:"oui c'est monsieur dubois, vous m'avez pas rappelé"

Moi:"je viens d'arriver donc non, mais qui devait vous rappeler?

Lui:J'ai eu quelqu'un ce matin, j'appelle depuis hier...vous commencez à midi vous? tranquille le travail!!!!

Moi: Pour le moment le responsable est en chantier et...

Lui:NON MAIS VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE!!!! HIER IL ETAIT EN DEPLACEMENT AUJOURD'HUI IL EST CHANTIER ET VOUS VOUS ARRIVEZ A MIDI

Moi (toujours calme): Il est en chantier depuis hier et arrêtez de me hurler dessus, vous seriez gentils de me parler autrement

tut tut tut tut...bon, il raccroche, tant mieux, pas envie de m'ennerver!!

La journée s'écoule, entre rire et regards complice, douceur et chaleur, les minutes s'égrennent, mes taches s'enchainent, son regard m'ennivre...toujours....

16h05 le téléphone!

Moi:"Institut Seguin bonjour

Lui:c'est Monsieur Dubois....

Moi:...allo?

Lui:oui c'est monsieur dubois!!!! VOUS M'AVEZ PAS RAPPELE!!!!!!!!!!

Moi...stoique: vous m'avez hurlé dessus ce matin vous avez l'intention de recommencer?

Lui:MAIS VOUS VOUS FOUTEZ VRAIMENT DE MA GUEULE!!!!!!!!!!!! PERSONNE ME RAPPELLE ET VOUS VOUS ARRIVEZ A MIDI NON MAIS VOUS VOUS PRENEZ POUR QUI????????

Moi...toujours calme: Si vous continuez à être aussi désagréable, ça m'étonnerait qu'on travaille avec vous"

Lui: MAIS VOUS ËTES UNE BELLE CONNASSE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

tut tut tut....

L'ennervement me gagne, le frisson glacé qui descend l'échine, l'envie de lui tondre sa pelouse au chalumeau à ce trouduc!! l'envie d'en parler! A T. qui sourit et me propose d'aller lui parler en direct, à B. dont les yeux lancent des éclairs...et mon coeur qui bondit devant sa réaction!

T. me ramène! A l'avant, lui bien sur, B à coté, moi derrière, la vie qui passe derrière la vitre, leurs voix qui m'appaise, l'envie de passer mes doigts dans ses cheveux, masser sa nuque endolorie par le labeur...Porte d'Italie, c'est la fin, je descend, lui aussi, mon coeur se gonfle...

Mon sac que je remets, son regard qui me deshabille, mon envie plus forte...le périph, la chaleur, la fatigue et l'ennervement qui revient...il parle, je l'écoute, à peine...je regrette!

Le métro "bon, à demain" oui, à demain, demain sera un autre jour, Dubois sera loin, lui sera proche, peut être...

Par Fleur-Jo - Publié dans : www.fleur-jo
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Vendredi 7 juillet 2006

Eh bien voilà....je me suis mangé le mur que je refusais de voir...et comme d'habitude, il a pansé mes blessures et m'a une fois encore offert le sourire qui sait réchauffer mon coeur fatigué et affaiblit...

Doit-on alors se blinder pour ne plus souffrir? ignorer ce que l'on ressent, anesthésier ses sens pour n'être plus qu'un vaisseau fantome, électron libre naviguant sur des mers d'huile, sans souffle de vie, sans odeur de mer, sans gout de sel...sans vie?

Doit-on au contraire se heurter encore et toujours aux récifs, en espérant un jour atteindre un port amical?

Doit-on continuer à espérer des eaux plus clémentes, un ciel plus bleu, un soleil plus doux?

Suis-je pocaya finalement? Finirais-je aveugle d'avoir tant scruté le soleil en espérant qu'il adoucisse ses rayons pour dorer ma peau de l'agréable couleur de l'amour?

Blasée par les coups du sort, peu de choses m'émeuvent, peu de gens me touchent..le commun m'indiffère... et parfois, une étoile traverse le ciel que je scrute avec tant d'ardeur, quelqu'un qui sort de l'ordinaire, qui sait d'une façon inexplicable, faire vibrer mon corps, battre mon coeur...

Devant ce regain de vie je m'égare...je m'emballe...je m'affole...je crée des scénarios en super 8 que je me diffuse en boucles, ils deviennent ma réalité, mon quotidien...mais fatalement, d'être tant regardé, la pellicule s'use, se fatigue et finie par bruler...mon quotidien n'a alors plus sens, mes interrogations deviennent obsoletes et je me heurte fatalement à l'aride réalité...

Je n'ai pas besoin d'aimer pour vivre, j'ai besoin de vivre pour aimer

Par Fleur-Jo - Publié dans : www.fleur-jo
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